03.10.2008
Zoom : Les Marianne de la diversité
Les Marianne de la Diversité est une association de femmes et d’hommes engagés, républicains convaincus pour qui la diversité est un cadeau et non un fardeau. Divers par leurs origines, leurs parcours, leurs histoires, ils entendent inscrire la diversité féminine comme un atout pour renforcer notre cohésion sociale. C’est une association laïque, un mouvement national, composé de 8 antennes régionales qui souhaitent, par l’exemplarité, donner toute leur place dans la République aux femmes soucieuses de s’engager et de transmettre leurs savoirs, leurs compétences leurs histoires et leurs mémoires.
« Les Marianne de la Diversité » ont pour objet :
• la promotion de la diversité comme un enjeu démocratique et un facteur de renouvellement d’une République réconciliée. Cela passe par la représentativité de cette diversité dans les champs social, économique, culturel et politique,
• la mise en valeur individuelle et collective des femmes et des mères issues de la diversité sociale et culturelle française, afin de favoriser l’exemplarité et les identifications positives,
• La défense active et concrète du droit de chacun de vivre pleinement sa singularité culturelle dans le respect de la dignité de la personne, conformément à la déclaration des droits de l’Homme.
• La prévention de toutes les formes de discriminations directes et indirectes dont peuvent être victimes les jeunes filles, les femmes ou les mères en France,
• Le dialogue fécond des cultures et des religions pour favoriser la reconnaissance mutuelle, notamment dans le pourtour du bassin euro méditerranéen et dans le cadre du dialogue Nord-Sud et Sud-Nord.
11:30 Publié dans Zoom | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : marianne de la diversité, mehal, modem, bayrou, égalité des chances



Commentaires
Félicitations à nos amis Américains
La Démocratie la plus puissante du monde vient d'accomplir un saut symbolique libérateur en élisant au pouvoir suprême un visage qu'on avait pris l'habitude de considérer comme représentant une "minorité"; ainsi les Américains ont inversé la mécanique de représentation qui faisait que la présumée minorité devait se sentir représentée au sommet par la présumée majorité, sur des critères instinctifs et l'inertie des habitudes de représentation, et cela doit contribuer à faire éclater l'opposition artificielle minorité/majorité sur des réflexes sensibles spontanés, car il y a bien une majorité Démocrate qui vient de faire prévaloir ses idées sur une ex-majorité Républicaine qui vient d'être mise en minorité, et les appartenances données et subies ou sensibles sont transcendées par les appartenances libres et construites.
Nous devons féliciter nos amis Américains sans nous dénigrer excessivement par un comparatisme souvent injuste, et nous souvenir par exemple de la figure Républicaine et patriotique de Gaston Monnerville en matière de promotion de la diversité au plus haut niveau: il ne fut pas élu président de la République en 2008, mais président du Sénat, soit deuxième personnage de l'Etat, en 1958.
Comme McCain, félicitons sincèrement Barack Obama, sans nous dénigrer dans la compétition pour la promotion de la diversité. Pendant la IVè République un cinquième du Parlement, dans le contexte très particulier de l'Union Française qui assurait la transition vers les indépendances des colonies était composé de Noirs. Or c'est précisément parce la plupart de nos "minorités" (mais pas toutes) viennent de ce membre mort de l'empire colonial que la digestion et projection symbolique inclusive prend tant de temps à atteindre un niveau probant. Les populations qui viennent des territoires perdus des colonies nous rappellent, dès le premier coup d'oeil, qu'elles ont des ancêtres dont les nôtres furent les oppresseurs; nous n'arrivons pas encore à neutraliser cette culpabilité atrophiante pour le "moi collectif", parce que nous savons bien qu'avoir au gouvernement un Léon Bertrand, un Hamlaoui Mékachera, un Azouz Beggag ou une Rama Yade, ne suffit pas pour enraciner un sentiment d'appartenance nationale dans le coeur de tous les enfants d'immigrés, ni pour faire de facto qu'ils soient des nôtres par l'activité inclusive :il faudra pour cela inventer le Service Civique Obligatoire (Luc Ferry vient de publier un rapport à ce sujet, après le livre de Max Armanet l'année dernière) et mettre en place, par une sorte de "fait du prince" du peuple lui-même des recrutements de candidats aux concours de la fonction publique par des associations de promotion de la diversité, qu'on étendra au recrutement de candidats pour les partis politiques (idée que j'ai proposée à Fadela Amara sur son blog).
Les USA n'ont pas été colonisateurs du Kenya, d'où vient le père d'Obama, ils ont simplement bénéficié d'immigrants déjà Anglophones du fait de l'ancienne présence coloniale Britannique au Kenya (on assiste à une sorte de "mutualisation" entre les puissances impériales). Ainsi Obama n'est pas issu de l'esclavage Américain (qui est en grande partie un cadeau empoisonné des Français aux Américains "offert" en même temps que la Louisiane), mais de l'immigration. Or Félix Eboué, Gouverneur du Tchad qui rallia la France Libre et lui offrit un début de territoire pour reconquérir la métropole, et Gaston Monnerville, qui fut Résistant en métropole avant de devenir président du Sénat, étaient tous deux Guyanais. C'est à dire que la France a déjà commencé le chantier de la transcendance symbolique de son passé esclavagiste et elle est en train de le faire avec son passé colonial. En vérité si nous cessions de nous dénigrer systématiquement, nous verrions que ce chantier symbolique chez nous a commencé dès le XVIII ème siècle avec le chevalier de Saint-Georges, puis le général Dumas. Et cela devrait nous encourager à aller de l'avant, en confiance, avec un discours positif à la Barack Obama (plutôt que le discours de sa femme qui est un peu trop agressif et qui n'aurait pas pu la faire élire elle).
Réjouissons-nous sincèrement de l'élection de Barack Obama à la présidence des USA pour ses idées démocrates, sa maîtrise, son calme, et une certaine sagesse qui n'ont pas moins d'importance que sa valeur symbolique pour le climat politique Américain et ses conséquences positives sur les relations internationales.
Mais devons-nous avoir honte de notre "retard" français en matière de promotion de la diversité dans l'élite politique? Bien sûr qu'il reste beaucoup à faire en France, mais nous devons nous réconcilier avec notre Histoire à la fois en poursuivant avec précision le travail de mémoire et le travail de promotion de la diversité pour devenir capables de nous projeter dans un futur assumant nos origines, nos ancêtres, nos parcours, comme plusieurs parties complémentaires d'un tout qui a besoin de chacun pour être un, pour être complet, achevé, accompli.
Malgré toutes les réserves qu'on peut formuler sur le parallèle Monnerville/Obama, face à l'ignorance des figures Noires de la politique Française, il me semble necessaire de faire vivre la mémoire de Gaston Monnerville, sans esprit défensif mais pour nous remettre en marche dans cette émulation positive, pour que la France se souvienne de ses parlementaires Noirs de la quatrième République et se sente capable (en 2012?) de se projeter "au-delà du noir et du blanc" (comme dirait Gaston Kelman) et soit capable de se sentir représentée par des élus représentatifs de notre diversité ethnique (au moment où l'INSEE entreprend une enquête démographique et sociale sur ce sujet), comme les Américains prouvent au monde qu'ils sont capables de se choisir un visage métis, élu par une grand-mère blanche juste avant sa mort, comme visage épanoui de l'Amérique.
Ecrit par : Adrien Grandamy | 05.11.2008
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